La première rentrée de "maîcresse" d'Annabouba

Publié le par Maman Poussinou

 Annabouba a commencé son blog, "les blablas de Bouba" en août et déjà, on a envie de devenir son amie et d'en savoir beaucoup plus ! N'hésitez pas à aller la découvrir !

Aujourd'hui,  Annabouba nous fait partager sa rentrée d'il y a 2 ans en tant que "maîcresse", sa 1ère et unique rentrée dans ce rôle.... En effet, elle est repartie dans les études, si vous voulez en savoir plus, c'est par ici.


E
n attendant voici son article :
(que j'ai lu avec beaucoup d'émotion !)

 

il y a deux ans, ma rentrée…

…de maîcresse!

Bah voui. J’y repense. Parce qu’il y a deux ans, la rentrée des petits c’était le 3 septembre… Et moi je faisais ma 1ère seule rentrée en temps que « maîcresse »!

En effet, dans l’enseignement public, il y a des titulaires remplaçants. Ils ont eu le précieux sésame, le CRPE (ndlr: Concours de Recrutement de Professeur des Ecoles). Mais dans l’enseignement privé, c’est différent: les remplaçants, appelés suppléants, doivent avoir au minimum la licence et avec les réformes le minimum requis va devenir, ou est déjà, le master.

Dans mon cas, j’ai une licence. En 2009, ça suffisait encore pour postuler. J’ai passé mon entretien le 28 août. Le 31, la directrice m’appelait pour me dire qu’on me proposait un poste à l’année car une classe s’ouvrait et donc pas de titulaire prévu!

Le 2 septembre, je rencontrais l’équipe d’instits, le personnel de l’école pour la pré-rentrée… Et le soir, je m’effondrais en sanglots chez moi. Le sentiment que c’était trop pour moi. Je n’étais pas préparée. Certes, j’avais fait des stages dans le cadre de ma préparation à l’IUFM (ndlr: Institut Universitaire de Formation des Maîtres: maintenant, la formation est passée dans le système de la fac avec la réforme) mais là c’est moi qui allait tenir les rennes. Gérer une classe. Une atsem qui avait 30 ans de métier et se voyait bien mieux placée que moi la p’tite jeunette, pour enseigner. Gérer aussi des parents : j’avais l’habitude dans le cadre du centre de loisirs, mais quand il s’agit de l’école, c’est normal, les parents ont plus d’attente. Et moi, la remplaçante, j’allais devoir faire mes preuves.

Chéri m’a réconforté, j’allais toucher de près mon rêve, pendant une année ce qui était inespéré pour un remplacement! J’allais avoir MA classe! Etre sur le terrain, et c’est précieux d’avoir de l’expérience pour l’oral du concours que je n’ai pas eu. J’ai pris mon courage à deux mains, je me suis donné les vacances de la Toussaint comme objectif à atteindre (en fait j’ai bien fait toute l’année scolaire, et une année géniale!!)

Le jour de la rentrée, j’avais 1h45 de route (aller, eh oui!!) et voilà qu’un grave accident bloque la route pendant plus de 30 minutes… Non! Non, non, NON!!! Pas le jour de la rentrée!! Le jour où je rencontre les enfants, les parents, où je donne la 1ère impression!!! J’ai crû que j’allais faire sur moi tellement ça m’a stressé!! J’appelle l’école, en imaginant la secrétaire se dire « ça commence bien avec celle là!« …

Et là, elle me rassure: « pas de souci!! La remplaçante du CM2 est aussi coincée par le même accident que vous, elle emprunte la même route… Les deux autres instits de maternelle vont attendre ds la cour, avec parents et élèves des 3 classes…«

Rassurée de ne pas être la seule coincée… N’empêche que, imaginez- moi, arrivant ensuite dans la cour, où une centaine de parents et enfants attendent et, me voyant arriver, des exclamations fusent… « AAaaaaaahhhhh! Enfiiiiiiiiin!! Là voilààààààà! Regaaaaaaarde! c’est ELLE ta maîtresse!!!! » ou bien entre parents « haaaaaaan! mais elle est jeuuuuuuuune! » genre je sais pas si je vais lui confier mon gamin…

Et là, l’atsem qui me saute dessus, me montre les parents, me désignent les enfants par leurs prénoms, mais je suis assaillie de tous les côtés, je vais étouffer, je ne sais pas qui écouter ou regarder, j’aurais tellement aimé arriver avant tout ce brouhaha… Me poser, accueillir petit à petit les familles de façon plus personnalisée

Et là, ma collègue de GS sourit et me dit: « ça y est, je crois qu’on peut rentrer. Tu peux appeler tes élèves« . Elle frappe des mains et rapatrie ses élèves en direction de sa classe. Et là, je comprends que je dois faire pareil. Un geste qui peut paraître anodin, rigolo même quand on le fait pour jouer, applaudir… Frapper dans ses mains. Ma collègue le fait de façon ferme, assurée.

Clap-clap!!

ça y est, j’ai frappé dans mes mains. C’est fou. Tous les parents me regardent. Mon coeur bat la chamade. Et j’appelle. « les enfants de petite et moyenne section! Je vous invite à rentrer dans la classe… »

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Un petit lien vers cet article de Mamanwhatelse qui propose quelques conseils (les siens + ceux de l’instit de son Mister E.) pour bien aborder la rentrée…!

 

 

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